Partager l'article ! Mohamed Khemisti: Ministre des Affaires étrangères: Il y a ...
A vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes
Il y a 43 ans, le 4 mai 1963, Mohamed Khemisti, le premier ministre des Affaires étrangères de l'Algérie indépendante, est décédé des suites de ses blessures. Il avait été abattu le jeudi 11
avril 1963. Il avait 33 ans.
Sa famille nous a contacté, hier, et nous a remis un appel. «La famille de feu Mohamed Khemisti lance un appel à tous ceux qui l'ont connu, côtoyé ou partagé son parcours d'avoir, en ce jour
mémorable, une pensée pour cet homme modeste et exceptionnel et d'honorer la mémoire de cet Algérien qui a parcouru le monde, en tous sens, pour défendre la justesse de la cause algérienne»,
peut-on lire dans le document en question.
Celui-ci ajoute plus loin: «...Laissons, donc, aux historiens, épris de justice et de liberté, le soin de rétablir les faits de cet assassinat odieux et étrange et sachons donner à Mohamed
Khemisti, et à chaque enfant de notre chère patrie, la part du mérite qui lui revient et à lui manifester la reconnaissance qui lui sied et les égards qui lui sont dus. Le futur de l'Algérie ne
se fera, jamais, en l'absence d'un véritable travail de mémoire et ne peut, aucunement, aboutir sans une réelle conciliation des Algériens avec leur mémoire collective».
Mohamed Khemisti est né le 11 août 1930 à Maghnia. Il est issu d'une famille très modeste. Son père était ouvrier manutentionnaire. Après la Deuxième Guerre mondiale, il obtint son certificat
d'études primaires (CEP). Brillant élève, il a dû, toutefois, abandonner ses études, en raison de la situation économique critique de sa famille. Il décida, néanmoins, de poursuivre ses études
par correspondance. Il s'est présenté, ensuite, à un concours à Oran et se retrouva plus tard élève au lycée Ardaillon (aujourd'hui lycée Ben Badis à Oran)» et finit par obtenir le
baccalauréat.
Il décida alors de partir en France pour poursuivre ses études supérieures et s'inscrit à l'université de médecine de Montpellier, dans le Sud. Et c'est tout naturellement qu'il adhéra au
syndicat des étudiants. Ainsi, il activa au sein de l'UGEMA (Union générale des étudiants musulmans algériens).
Mohamed Khemisti rejoint les rangs du FLN dès le déclenchement de la guerre de libération nationale. Le 12 novembre 1957, il est arrêté par la police française. Après quelques jours de détention,
il est transféré à la prison de Serkadji, puis vers une prison française. Il écrira d'ailleurs un livre sur la prison de Serkadji (Barberousse). Après quelques mois de détention, il est mis en
liberté provisoire. Cela lui a permis de retrouver ses anciennes connaissances et d'activer au sein de la fédération de France du FLN et, également, de reprendre ses études de médecine.
Il partit, ensuite, en Suisse, d'où il fut appelé, après le cessez-le-feu, au cabinet de Belaïd Abdeslam, alors délégué aux affaires économiques de l'exécutif provisoire de l'Etat algérien,
installé à Rocher-Noir (Boumerdès). Il sera ensuite appelé par le chef de l'exécutif, Abderrahmane Farès, pour occuper le poste de directeur de cabinet.
A l'âge de 32 ans, le 28 septembre 1962, il fut nommé ministre des Affaires étrangères. En novembre 1962, il accompagna le président Ben Bella à l'ONU, puis à Cuba. Accompagnant son épouse à
l'Assemblée nationale où ils avaient participé à un débat, Mohamed Khemisti, à sa sortie du siège, a été victime d'un attentat. Après une quinzaine de jours, il rendit l'âme à l'hôpital Mustapha
d'Alger. Sa dépouille a été inhumée à Maghnia.